9 mai 2021 : la marche d’après (au Mans) — versus eau — avec SdN 72


Dimanche 9 mai, de 11 heures à 14 heures – Le Mans, des Quinconces à l’Île-aux-Planches via les berges de la Sarthe.

Dimanche 9 mai, près de deux cents manifestant·e·s, d’abord rassemblés devant le théâtre des Quinconces du Mans (place des Jacobins, en soutien au monde du spectacle), ont ensuite défilé jusqu’à l’Île-aux-Planches, via la rive gauche de la Sarthe. Après la manifestation du 28 mars pour une « Vraie loi climat » [1], cette fois, c’était l’adoption (en première lecture) cinq jours auparavant par l’Assemblée nationale de cette loi Climat et résilience, jugée globalement insuffisante qui était fustigée [2].

SdN 72 était des convives pour préserver le climat, se préserver du nucléaire et pour la préservation des ressources hydriques  !

« Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent »

Si la plupart étaient particulièrement mécontents de la retranscription des propositions de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) visant à « définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 » (par rapport à 1990), beaucoup d’autres l’estimaient déjà bien en deçà de l’objectif poursuivi avant même ce vote.

Ce texte promis « sans filtre » par Macron est surtout désormais quasi sans contenu, à tout le moins dépouillé de l’essentiel. Et la « navette » n’y changera rien si ce n’est en pire ! Chacun l’aura compris, cet habile faux-semblant — original au demeurant — du chef de l’État visait moins un résultat que de  formaliser une reprise d’initiative. Après les multiples « performances » du bateleur en chef (au sens artistique) aux Grands débats, des cahiers de doléances sans lendemains, du dépeçage des propositions de la  CCC… « Jupiter » se chauffe à nouveau la voix et rode ses axes de communication pour de nouveaux show en vue de la présidentielle. Peut-on imaginer que l’esbrouffe fonctionne cette fois-ci encore ? C’est une chose essentielle d’en appeler au débat public, sauf à n’entendre que sa propre logorrhée. Le symbolique « moulin à paroles » (photo) sur le parvis des Quinconces, dans l’axe de notre mimétique « Arche de la Défense », matérialisait fort bien cette mascarade.

Déroulé de cette (méridienne) chevauchée

Passé le philippique discours de Julien Cristofoli, porte-parole du collectif local « Plus jamais ça ! » dénonçant et vitupérant contre les atermoiements de l’infatué Macron, du gouvernement et des politiques ; passée la prestation des Rosies qui, pour la circonstance, avaient ajouté un nouveau titre, « Alerte écologie ! » (et son pendant chorégraphique) [3] à leur répertoire, le cortège emmené par les inattendus Zurlupercus s’est lentement étiré pour rejoindre la verte Île-aux-Planches (parc soustrait à l’avidité des promoteurs-spéculateurs [4]). Un parcours à nouveau ponctué des flashs-mob-mobilisations des Rosies ; des sets statiques mais agités de la susnommée batucada agrémenté des audaces et des variétés imaginatives et bambochardes des participant·e·s (banderoles, slogans, chants, pas de danse, titulus, drapeaux, oriflammes…) qui siéent à ce genre de flânerie endiablée.

Le temps et le beau temps, le plaisir de se re retrouver, le plaisir du plaisir, les agapes d’un pique-nique tiré du sac, l’effet « amphithéâtre » (redistribution des connaissances), les rythmes endiablés des Zurlupercus… [5] ont quelque peu éclipsé les ateliers de sensibilisation prévus sur l’eau, les enjeux climatiques, la biodiversité, le bien commun, la pollution, l’agriculture ou encore le nucléaire, au profit de prises de parole sur l’eau dans le projet Béner (intervenant Jean-Claude Querville) et de l’eau couplée au nucléaire (intervenant Martial Château). Compulsez notre encadré distribué en flyer sur l’ensemble de la manifestation (le tract « free lance » de la manifestation précédente circulait aussi, cf. lien note 1) . De façon plus ludique, peu ou prou, ses thématiques (et d’autres) ont cependant été traitées grâce à la « Fresque pour le climat » proposée et animée par Benoît Planchenault. Sous forme de quiz, cet outil-jeu permet de reconstituer les causes du réchauffement climatique et ses effets.

Bien au-delà de 14 heures, l’Île-aux-Planches et les quartiers environnants ont continué de vibrer aux rythmes colorés du combo percheron venu spontanément animer et participer à ce rassemblement.

L’eau dans tout ça

Cet atelier (comme les autres) sur l’eau et le nucléaire s’est traduit, nous l’avons déjà dit plus haut, par une déclaration du coprésident de SdN 72. En plus de l’encadré reprenant le tract distribué sur la manifestation (infra), le développement du thème que nous avons envisagé allongeait considérablement cette page. Nous vous le proposerons dans un article complémentaire à venir, c’est là : (à venir). À bientôt.


Notes

[1] Envies d’air ? En tout cas cette manifestation a moins réuni que la précédente pour « une vraie loi climat » du dimanche 28 mars 2021, c’est ici : . Celles de Nantes et Rennes ont chacune multiplié ces estimations par dix. Environ 160 « Marches d’après » ont été organisées un peu partout en France, souvent par le collectif « Plus jamais ça » et jusqu’à 600 organisations.

[2] Le texte sera examiné par le Sénat dans le courant du mois de juin.

[3] Le texte « Alerte écologie ! » raconte les enjeux féministes de la crise climatique. Retrouvez ce texte et la chorégraphie sur le site, ici : .

[4] Un parc soustrait à l’avidité des promoteurs-spéculateurs par la mobilisation citoyenne et notamment par Roland Becdelièvre [décédé] et l’association « Île-aux-Planches » [toujours active]) actuellement présidée par Jean-Marie Legui qui a discrètement rappelé ce combat, et ses manifestations passées et/ou à venir, contact : assoileauxplanches@gmail.com.

[5] Zurlupercus est un ensemble de percussions brésiliennes aux rythmes syncopés et aux tempos endiablés qui a ses attaches au nord-est de notre département, dans l’ancienne province du Perche (disons entre Bellême et Nogent-le-Rotrou).


Photos : SdN72.