Samedi 1er août 2026 (toute la journée) — À Vaas, au Moulin de Rotrou/Robert (sud Sarthe)
SdN 72 à la 24e édition de la Fête du blé au pain au moulin de Rotrou à Vaas (samedi 1er août 2026), c’est fait ! Le rendez-vous est toujours aussi enthousiasmant, même si – sécurité et maturité des grumes oblige – par gros cagnard, nous regrettons tous la disparition de la peupleraie et son îlot rafraichissant.
Mégacanicule

Les effets des quatre vagues de fortes chaleurs (de mai à juillet) et de son corollaire le dérèglement climatique, ont effectivement été beaucoup commentés, sur le forum champêtre du Moulin de Rotrou de cette année. Même, l’étiage historiquement bas du plus long fleuve d’Europe – le Danube – et la température élevée de son eau et de celle de ses affluents ont fait conversations [1]. Indubitablement, les sécheresses bien visible et redondante des cours d’eau de ces dernières années interroge. Même… nos interlocuteurs les plus acquis au nucléaire.
Excepté Civaux 1 et 2, l’incapacité de refroidir les nombreux réacteurs français au fil de l’eau (fleuves, affluents et rivières) fonctionnant en circuit fermé (via des tours aéroréfrigérantes, soit 30 + 2 [Civaux] des 57 réacteurs), comme en circuit ouvert (2 réacteurs sur le Rhône et 4 sur la Gironde) faute d’eau et sans surchauffer le peu qui coule, est maintenant actée. Dans la première configuration, un seul réacteur consomme 2 m3 (voire plus) d’eau à la seconde,
de 40 à 50 m3/s en circuit ouvert (suivant la puissance du réacteur) !!! Reste que l’eau réinjecté en aval des centrales est non seulement chaude et préjudiciable à la faune et à la flore, mais elle est aussi chargée de nombreux éléments chimiques et de radionucléides, notamment le tritium qu’on retrouve même dans l’eau du réseau public (en régie publique ou déléguée au privé), dite potable. Passé un certain seuil défini, cours d’eau par cours d’eau et/ou le plafond thermique de 28° pour tous, les réacteurs sont normalement arrêtés, bridés (leurs production réduite) ou… autorisés à déroger à la règlementation… à laquelle ils sont « soumis. » Ce samedi 1er août trois réacteurs étaient « indisponibles » (à l’arrêt) : Golfech 2, Chooz 1 et 2, Cattenom 1 (des unités de Nogent-sur-Seine et le Bugey l’avaient été auparavant), et des puissances réduites à Chinon, au Tricastin, Saint-Alban, Cattenom et plusieurs autres, semaine 32-33, quand sont écrites ces lignes.
Si les réacteurs ont impérativement besoins d’être refroidis en permanence (même à l’arrêt et/ou en cas d’accident) pour stabiliser la chaleur du circuit primaire autour de 310° à 330°, les enceintes de confinement, sont elles aussi, vulnérables aux canicules. Le plafond critique réglementaire de la température intérieure de chacune d’elles subordonnant l’arrêt de la production ne peut excéder 50 ° (même en deçà, on ne vous dit rien des conditions de travail à l’intérieur !). Seuil qu’avait quasi atteint, en 2003, la tranche 1 de la « feue » centrale de Fessenheim, qui a due être brumisée pendant quatre jours.
Pourtant, beaucoup des nucléomaniaques : président en fonction et ex (plus, beaucoup de prétendant·e·s), gouvernements, ministres, parlementaires, président·e·s de collectivités locales…) restent favorables – voire demandeurs – d’implantations de nouveaux réacteurs EPR 2 – plus puissant – sur ces mêmes cours d’eau !
Cet accaparement de la ressource et sa pollution radioactive et chimique par le secteur nucléaire a fait l’objet de plusieurs de nos campagnes les années passées, c’est entre autre (essentiellement pour le bassin de la Loire et de la Vienne), ici : ▶ et là : ▶.
Mégahécatombe
Cette imputation conserve bien sûre toute sa pertinence. La campagne 2026 du Réseau Sortir du nucléaire (et plus largement des mouvements antinucléaires) que SdN 72 à relayé à Vaas, flèche la vulnérabilité de la ressource halieutique face aux centrales nucléaires. Pour être refroidies (en milieux ouverts comme fermés), elles aspirent de gigantesques quantités d’eau (supra)
entrainant dans le courant tout le vivant passant à proximité : poissons, cnidaires… qui, au sortir d’un véritable course d’obstacles : tambours rotatifs, tamis, pompes, puissant jets d’eau… cumulent toutes sortes de détriments (contusions, épuisement…), souvent létaux. Chaque année, se sont 5 900 000 000 poissons, méduses et crustacés qui en sont victimes ! Pour documenter cette « hécatombe invisible » consulter le flyer éponyme ci-dessous ou sur les adresses web suivantes, ici : ▶ ou, là : ▶.
Ces masses d’« animaux non humains » qu’EDF nomme des « colmatants » peuvent effectivement ponctuellement perturber le fonctionnement des réacteurs installés sur les côtes. En août 2025, un banc de méduses avait déjà obstrué les stations de pompage d’eau de mer à la centrale de Gravelines mettant en arrêt automatique 4 de ses 6 réacteurs. Bis répétitas : les 10 et 11 août 2026 (un an après jour pour jour), le même scénario s’est reproduit. 26 tonnes de méduses ont à nouveau obstrué la station de pompage rendant indisponibles les réacteurs n° 2 – 3 et 4 et réduisant la production du n° 1 à 50 % (le n° 5 étant à l’arrêt programmé pour maintenance, seul le 6 a continué de produire).
La sensibilité est assurément sélective. A t’on jamais entendu les opposants à l’éolien – qui s’alarment à juste titre de la mortalité des oiseaux et chiroptères [2] –, s’apitoyer sur cette hécatombe halieutique engendrée par le nucléaire ?
Autres avanies en cours plus ou moins développées sur la plaine du Rotrou…
Mégafeux
L’actualité de l’été est décidément aux cataclysmes ! On avait vite oublié qu’en juillet et août 2022 des feux avaient déjà dangereusement embrasé les landes et la végétation des Monts d’Arrée menaçant la vieille centrale de Brenilis (toujours pas démantelée). Oublié aussi, qu’a l’Est, les redondant incendies dans la zone d’exclusion de Tchernobyl remettent régulièrement en suspension de gigantesques masses de particules radioactives bien au delà de ladite zone.
Cette année c’était le tour du département de la Gironde. Les incendies s’y sont multipliés, étendus, propagés… et la fin de l’été n’est pas pour demain. Si aucun des nombreux sites sensibles de la région : nucléaires et de la défense, de l’aéronautique, du spatial, de poudreries, de stockage et de distribution de produits chimiques (dont des industries classées SEVESO seuil haut) ni, in fine le camp militaire de Souge [3] n’ont été touchés, certains ont bien été menacés et placés sous haute surveillance. Confèrent, les travaux de terrassement et de génie vites entrepris autour de certains établissements pour y créer des pare-feux. Mesures qui n’avaient pas été prises auparavant, sauf au Cesta du Barp (infra), après l’incendie de Landiras en… 2022. Où était donc passé le retour d’expérience tout ce temps ?
CEA Cesta et Laser Mégajoule, au Barp – Pour la sécurité de ses habitants, ladite commune du Barp a été évacuée lors des incendies de la fin juillet 2026. Sa singularité est d’héberger à 4 km de sont centre, l’un des 5 principaux sites de la Direction des applications militaires, le CEA/DAM. Un équipement (qui s’étale sur 700 ha) ultra sensible qui concerne la défense nationale et la dissuasion nucléaire : le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) Cesta (Centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine), qui planche sur l’architecture industrielle des ogives des armes nucléaires et intègre le Laser Mégajoule (LMJ). Une unité qui – notamment –, simule en laboratoire les conditions d’explosions nucléaires pour en garantir la sûreté, la fiabilité et les « performances » des armes nucléaires françaises [4], contournant et contrevenant au passage le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), auquel la France a pourtant adhéré, bien que tardivement, le 2 août 1992. Cette fois, le feu a été stoppé à 4 km ! Autant dire à la merci des feux convectifs (la chaleur dégagée créée son propre vent), des sautes de feu et autres feux zombies. Si le site ne contient que peu de matière radioactive (principalement stockée et manipulée à Valduc en Bourgogne), à lui seul le Laser Mégajoule a coûté « une blinde » aux contribuables français (coût initial estimé à 1,2 milliard d’€ en 1995, dérapé à 6,6 MM d’€ dans les années 2000) !
ArianeGroup, à Saint-Médard-en-Jalles (communes évacuée) – Site classé Seveso seuil haut, spécialisés notamment dans le chargement en propergol solide (produit hautement inflammable dédié à la propulsion, infra) des lanceurs spatiaux et des missiles balistiques M51 (déployés sur les sous-marins SNLE), expérimentés au large de Biscarosse ou par simulation au banc d’essais à terre. On y démantèle également les missiles en fin de vie. Et pas que.
ArianeGroup, à Sainte-Hélène (communes évacuée) – Site industriel classé Seveso seuil haut. On y stocke et traite notamment une joyeuseté pyrotechnique (qui sans être explosive favorise très fortement la combustion) pour des activités de propulsion destinées à l’aérospatiale et de défense.
ArianeGroup, au Haillan cette fois (commune également évacuée) – On y conçoit et produit en particulier des moteurs à propulsion solide des lanceurs et missiles d’Arianegroup et les tuyères du missile nucléaire de nos sous-marins, le M51… et celles de la fusée Ariane 6.
Roxel France, à Saint-Médard-enJalles (habitants évacués et personnel réduit) – La filiale de MBDA (ex Matra Défense, BAe Dynamics, Aérospatiale et Alenia Marconi Systems) est spécialisée dans les moteurs et composants destinés aux missiles. La presse lui prête un rôle majeur dans la base industrielle et technologique de défense française !
Dans ce chaudron à l’ouest de Bordeaux (deuxième région française d’implantation des industries d’armement, juste après la région Centre-Val de Loire) on retrouve aussi l’usine Dassault de Mérignac, où sont assemblés les Rafale, Thales (groupe d’électronique français spécialisé dans l’aérospatial, la défense, la sécurité et le transport terrestre), Safran (domaines de l’aéronautique, de l’espace et de la défense), Daher (construction d’avions, production d’équipements et de systèmes aéronautiques, et prestataire en logistique et services), Sabena Technics (maintenance aéronautique), Airbus Atlantic (fabrication des aérostructures, des sièges pilotes et des fauteuils passagers), tous liés à la défense, à l’aéronautique et au spatial et « fleurons » de l’industrie française… Ce secteur est aussi le premier centre national pour le Maintien en condition opérationnelle (MCO).
DGA Essais de missiles – Centre situé entre Biscarosse et Mimizan dans les Landes. Plusieurs quartiers de Biscarrosse ont été évacués. Du 23 au 30 juillet 2026 le feux a aussi embrasé la zone côtière. Cette fois l’immense centre d’essais de missiles de Biscarrosse – DGA Essais de missiles – (15 000 ha entre Biscarosse et Mimizan) a été inquiété mais n’a pas été touché comme il l’avait été en juin 2021. Une route au sud du site, habituellement interdite, à même servi d’axe d’évacuation. L’ordinaire de ce camp militaire est d’y tester de nombreux systèmes de vecteurs et d’armes, dont des missiles (non chargés) à très longue portée, y compris pour la dissuasion nucléaire.
Mégatempête
L’année 2026 a mal commencée pour EDF, RTE… Les 8 et 9 janvier la tempête Goretti confirme sa puissance sur le cap Normand (180 à 200 Km/h, anémo en main). D’abord bridées, les unités F1 (F pour Flamanville) et F3 (l’EPR), le réacteur F2 est à l’arrêt pour maintenance, ont tour à tour été déconnectées du réseau électrique. Bilan : 380 000 foyers sans électricité. En causes, le sel marin charrié par les embruns qui s’est déposé sur « les isolateurs » (traversées en jargon d’agent d’EDF) et altéré les liaisons électriques entre les transformateurs et la ligne THT de 400 000 volts. S’en suit un enchainement d’impacts directs et indirects rendant indisponibles un diesel de secours (énorme groupe électrogène) et un transformateur auxiliaire. L’unité F1 redémarrera le 1er février, la F3 (l’EPR) le 9 février (l’unité F2 restant en maintenance programmée) !
En 2023, les unités F1 et F2 de la centrale de Flamanville (l’EPR continuait de cumuler ses déboires) s’étaient alors « îlotées » (mises en arrêt automatique) lors dû passage de la tempête Ciarán dans la nuit du 1er au 2 novembre.
Fin 1999 (les 27 et 28 décembre) la tempête Martin conjuguée à de fortes marées avaient engendré l’inondation de la centrale nucléaire du Blayais ! Ce jour là, la France et plus encore Bordeaux qui a été à deux doigts d’être évacuée a frisé une catastrophe de type Tchernobyl – Fukushima ! La recension documentée de cet événement, c’est ici : ▶ ou encore (entre autres) là : ▶.
Preuve est faite que le nucléaire est tout aussi intermittent que les énergies renouvelables et ni plus ni moins pitotable, l’atome étant toutefois incommensurablement plus dangereux ! Oui, la canicule et les avanies météorologiques avaient bien besoin d’être commentées à cette fête du blé au pain !
Mégafête
Nous pourrons à nouveau échanger et débattre de tout ça et de bien d’autres choses le dimanche 13 septembre 2026 sur ce même lieu de « La fête du blé au pain » au Moulin de Rotrou à Vaas (lieudit La Chalopinière). Cette fois, pour le Bal paysan ! Une journée paysanne festive, qui commencera à 11 h, avec marché de produits paysans, village d’un monde nouveau (de nombreux collectifs et associations seront présent·e·s), table ronde, restauration et buvette, le tout couronné d’un bal paysan avec HK à partir de 17h (cf. affiche ci-contre).
Le groupe sortir du nucléaire 72 y aura son stand avec quelques un·e·s de ses militant·e·s avec qui vous pourrez tchatcher à souhait.
Notes
[1] Sur son lit de 2 857 km et ceux de ses affluents majeurs, des réacteurs ont été arrêtés et /ou bridés : en Slovènie la centrale de Krsko sur la Save a réduit à sa production à 80 % ; en Hongrie la centrale de Paks (sur le Danube, âgée de 44 ans) a frôlé l’arrêt complet de ses quatre VVER-440 (elle ne produit plus que 10 % de sa capacité) ; en Roumanie la centrale de Cernavoda (sur le canal Danube-Mer Noire qui est relié au fleuve) a arrêté un de ses deux réacteurs (un « bouchon » naturel a même été dynamité pour libéré son cours et des barges lestées de roches immergées pour rediriger le débit d’eau).
[2] Les aérogénérateurs sont maintenant équipés d’émetteurs d’ultrasons installés sur leur nacelle pour les éloigner du mouvement du rotors, quand ils ne sont pas bridés (ralentis).
[3] Le 13e régiment de dragons parachutistes (13e RDP) est une unité d’élite des forces spéciales françaises spécialisée dans la recherche de renseignement en profondeur par des moyens humains.
[4] Le LMJ reproduit en laboratoire les températures et pressions extrêmes atteintes au cœur des étoiles ou lors du fonctionnement d’une arme nucléaire. Ses faisceaux laser amplifiés convergent vers une minuscule cible de deutérium et de tritium de quelques millimètres pour provoquer une réaction de fusion.
Vignette : cours d’eau à sec (inconnu) ; Photo : SdN 72. Visuel : Le Moulin de Rotrou. Le nucléaire nous sauvera t’il en 2050 : Piga ; méduses survoltées : J. T. ; poster : EDF le nucléaire est une énergie intermittente (trouvé sur le site web d’ADN, c’est là : ▶ ; affiche : Bal paysan : HK + Le moulin de Rotrou. Flyer (infra) : Réseau sortir du nucléaire, c’est là : ▶.



