Manif du 8 mai 2026, à Saint-Nazaire, contre le projet de porte-avions


Vendredi 8 mai 2026 — Saint-Nazaire (Loire Atlantique)

Nous étions quelques un·e·s de Sortir du Nucléaire de la Sarthe à participer à cette manifestation, à l’appel de syndicats, partis, associations écologistes, antimilitaristes et antinucléaires (flyer infra). Un millier de personnes de l’Ouest et de Paris sont venus protester contre le projet faramineux de construction d’un porte-avions à propulsion nucléaire (2 réacteurs). Un rafiot à 10 milliards d’euros l’unité, d’abord nommé PA-NG (pour Porte-avions – nouvelle génération) [1] et récemment rebaptisé Le/La France Libre. 

Ce projet aurait des répercussions industrielles « généreuses » pour Naval Group, les Chantiers Navals de l’Atlantique, les territoires et bien d’autres… Est-il pour autant opportun ?

Nouveau porte-avions : un projet naze  

Manifestation festive, pacifiste, sous le regard d’une police omniprésente, aux aguets de la moindre « provocation. » Considérée comme telle, la marionnette de Macron vomissant des petits soldats [2] a été frappée brutalement et confisquée par un policier qui,  du coup, a blessé  une manifestante.

Avant le défilé, beaucoup d’interventions sur la place d’Amérique Latine :

—  « Nous sommes là pour dénoncer la marche à la guerre portée par le gouvernement, sans débat démocratique. » Des milliards sont investis « tandis qu’on rabote sur les budgets des services publics » dénonce un syndicaliste.

— « Un porte avions à propulsion nucléaire, c’est une pollution éternelle et une menace jusqu’en 2080 ». C’est aussi « des effluents radioactifs et chimiques qui polluent l’air et l’eau. » Le porte-avions pourra transporter « des rafales avec chacun un missile ASMP-A représentant l’équivalent de 20 fois Hiroshima » dénonce Damien Renault co-administrateur du Réseau Sortir du nucléaire et militant du groupe Sortir du nucléaire pays nantais.

— La France est le deuxième exportateur d’armes dans le monde et son arme atomique a fait des ravages en Afrique du Nord, en Polynésie…. Une femme d’une association luttant contre le néocolonialisme français en Afrique a « rendu hommage aux victimes oubliées des guerres impérialistes et coloniales. »

Un membre du Comité des luttes Sud, Loire, Nord, Pays de Retz s’inquiète : « d’une bétonisation et d’une industrialisation grandissante des bords de Loire » déjà soumis à de fortes pollutions industrielles ; « C’est un espace naturel, avec plein d’espèces y compris protégées, qui s’artificialise et se militarise. »

La manifestation s’est poursuivie dans les rues de Saint-Nazaire égaillée de chants, de fanfares et de percussions, avec au   milieu de la foule, son « char… » de parade, une réplique du porte avions en bois et carton transporté par des militant·e·s avec l’inscription « France liberticide. »

Arrivé sur le front de mer, la maquette géante du porte-avions est enflammé pendant que des bateaux en papier symbolisant des flottilles sur Gaza sont déposées sur la plage.

Sur cet événement, nous vous recommandons l’article de Reporterre, c’est ici : et celui de Révolution permanente, là : .

Déraison

La bande côtière de Nantes à Brest n’en n’aura donc jamais fini avec sa militarisation et/ou sa nucléarisation civile et militaire (mines d’uranium, base sous marine de l’Île Longue, centre Navalgroup, usine Framatome de Paimboeuf, …) Excepté la dent pourave de Brénilis [3] l’ouest à néanmoins échappé à de nombreux projets de centrales nucléaires sur son littoral : Erdeven, Le Pellerin, Le Canet, Plogoff,… Tous recalés par les mobilisations populaires. Nonobstant, la Sarthoise et présidente de la région des Pays de la Loire, Christelle Morançais, n’a toujours pas renoncé à l’implantation de SMR-AMR (Advanced Modular Reactor) [4], sinon à leur fabrication en lieu et place de la centrale à flammes de Cordemais (dont la fermeture ne cesse d’être reculée) et dont le site est aussi pressenti pour accueillir une usine de tuyauterie et assemblage pour les futures centrales EPR2. Dans son livre-enquête Le nucléaire subventionné en régions – Enquête en Pays de la Loire, Damien Renault (supra), démontre aussi que la collectivité, semble ne pas respecter la réglementation sur les aides d’État en matière de recherche, développement et innovation (RDI) en subventionnant les entreprises du nucléaire, et en particulier le nucléaire militaire, c’est là : .

La militaro-nucléarisation – gagne – la Sarthe

Dans ce Grand Ouest, loin d’être en reste, la Sarthe participe (ou va participer) de cette militaro-nucléarisation ou de cette nucléo-militarisation ambiante, le néologisme fonctionne dans les deux sens ! Nous y reviendrons dans un prochain post.

« La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent bien mais ne se massacrent pas. » Paul Valéry.


Notes

[1] L’aéroport ambulant succèderait à l’actuel porte-avions Le Charles de Gaulle, d’ici 2038. À partir d 2029, ce dernier sera un long moment en intermittence pour maintenance, surtout qu’est déjà envisager son adaptation pour un prolongement au delà de 2038. Le retour d’expérience de l’EPR de Flamanville (12 ans de retard sur le calendrier initial) sans doute ! Cet « outil » à une forte connotation Opex (Opérations militaires extérieures), néocolonialiste, dont Macron prétend sortir, quand la lecture actuelle des conflits penche plus vers l’imprévisibilité, l’invisibilité, la miniaturisation, l’adaptation des ripostes. Peut-on dire de quelle nature seront les conflits de demain ?

[2] Un nouveau champ d’intervention inquiétant des « forces de l’ordre » en quelque sorte, qui pourraient décider de ce qui est licite de dire, d’écrire, de caricaturer… à l’intérieur d’une manifestation.

[3] Fermée en 1985, s’il a repris, son démantèlement s’éternise et participe à plomber nos fiances. Au mieux le site pourrait être rendu à l’herbe d’ici 2041 !

[4] SMR : Small modular reactor, ou Petit réacteur modulaire. AMR : Advanced modular reactor ou Réacteur modulaire avancé.


Visuel et flyer : de la coalition Guerre à la Guerre. Crédit photos : du média en ligne Reporterre (non floutées sur le site). Banderoles à terre : SdN 72.