La militaro-nucléarisation regagne la Sarthe


Juin 2026 – Sarthe, Maine, Grand Ouest, France…

Dans un précédent post, sur la manifestation contre la construction d’un nouveau porte-avions nucléaire à Saint-Nazaire, le 8 mai 2026, c’est là : ▶, nous nous étions engagé à revenir sur la militaro-nucléarisation qui gagne la Sarthe. Et pas qu’elle !

Dont acte !

Rétroviseur (inventé en 1906)

Au début du XXe siècle, la ville du Mans, idéalement située et desservie, est devenue une place importante dans l’organisation militaire de la région Ouest, jusqu’à devenir une ville de garnisons avec pas moins de cinq casernes comptant près de 9 000 hommes, soit 12 % de la population mancelle de l’époque ! Après les deux guerres mondiales, les déconvenues coloniales (et post-coloniales), la fin de la guerre froide, puis la professionnalisation des armées et leurs restructurations, la diversification des menaces, les coûts insoutenables de la charge militaire et nucléaire, la pression urbanistique des villes, l’armée s’est reconsidérée, restructurée, redéployée différemment. Et le fait encore pour s’être trompée sur les moyens ! La forte emprise militaire sur la ville préfecture et sur le département (et des industries liées) s’est peu à peu estompée (voir encadré, infra).

Sortie par la petite porte, aujourd’hui, « la grande muette » et son industrie liée empruntent discrètement – ou pas – la fenêtre.

Récap’ !

Renault, Le Mans – Drones…

L’entreprise de châssis Renault, du Mans (RNUR, ACI, et désormais… Manufacture Louis-Schweitzer, ancien président de Renault), qui, semble-t-il, s’est fait tordre le bras par Sébastien Lecornu, alors ministre de la Défense, va renouer avec une part de production militaire. Sous l’égide de la Direction générale de l’armement (DGA), le constructeur automobile parachève actuellement l’installation d’une ligne d’assemblage dans un atelier dédié (le bâtiment JJ pour ceux qui connaissent), d’« un drone (baptisé Chorus) pour la défense que le constructeur automobile a développé avec l’entreprise d’aéronautique Turgis Gaillard. » Pas le joujou du JouéClub du coin reconditionné par Super-Bricolo, un drone kamikaze de surveillance et de renseignement à 100 000 € pièce (inspiré du « Flamingo » ukrainien), d’une envergure de 10 mètres sur 8, avec le port d’une charge explosive possible de 500 kg et une portée de 3 000 km ! DGA supportera tous les investissements de cette implantation. Les premiers prototypes devaient sortir de l’atelier cet été pour des essais en septembre. D’après le quotidien du soir Le Monde, « La ligne devrait être opérationnelle fin 2026 » et pourrait produire jusqu’à… six cents drones par mois (selon les sources, le calendrier s’étalerait jusqu’à 2030). Une soixantaine de salarié·e·s – volontaires – travaillant en 2 x 8 sont envisagés. Comme à Saint-Nazaire, les organisations professionnelles et les salariés ne sont guère enthousiasmés par cette production mortifère. À l’issue du CSE extraordinaire du 20 janvier 2026, la CGT Renault avait illico fait connaître toutes ses réserves concernant ce projet déjà éventé par la presse quelques jours auparavant. Renault Ampère, de Cléon (Seine-Maritime), à 15 km sous Rouen, quant à elle, se chargerait de la partie propulsion desdits drones. Une aubaine pour la direction de ce site confronté à une mutation technique et structurelle – voire sociale – avec l’abandon progressif des moteurs thermiques et leur remplacement par des moteurs électriques.

Au Salon de la défense Eurosatory à Villepinte (à la mi-juin 2026), Thales (groupe français spécialisé dans l’aérospatial, la défense, la sécurité et le transport terrestre) et Renault Group ont annoncé un partenariat pour produire un second engin militaire pour le combat dronisé (de faible portée : de 10 à 30 km en version optimisée) opérable par des fantassins ou déployable depuis des véhicules de combat, d’aéronefs ou de plateformes navales, dénommé Toutatis. Des engins utilisables seuls ou en essaims, avec munitions (interchangeables), téléopérables, d’abord destinés à [!] l’export, avec l’objectif industriel de mille unités par mois dès 2027, produits sur le territoire. Un temps dissimulé, le site de fabrication pressenti semble bien désigner Cléon.

Renault, en partenariat avec le groupe français Thales (supra) travaille également sur un concept « 4 Troop », VCMR, pour Véhicule (hybride) Civil Multi-Rôles ! D’une part, un 4 x 4 à motorisation hybride issu d’une base de SUV de série, le Renault Rafale (« comme un avion sans aile… » Charlélie Couture), mais… « aux capacités augmentées ». Évidemment, bourré de « technologie embarquée et de pointe » ; de « communications sécurisées hybrides et d’outils d’aide à la décision boostés par intelligence artificielle » ; forcément « adapté aux nouveaux besoins opérationnels des forces terrestres. » Ouf ! D’autres part, un Trafic E-Tech 100 % électrique de nouvelle génération, intégrant ladite version 4 Troop, mais avec la capacité évidente d’embarquer, de mettre en œuvre et coordonner plus de drones et de robots.

Renault et Arquus (fabricant de véhicules militaires) [1], filiale du groupe belge John Cockerill Defense, travaillent aussi de concert sur un projet (non abouti à ce jour) de drone terrestre UGV (Unmanned Ground Vehicles [grosso-modo : véhicule terrestre sans pilote]).

Flowserve

Depuis l’année 2000, l’enseigne Flowserve s’aligne sans ostentation particulière sur la voie qui dessert les industries de la zone Sud du Mans (de la Rotonde à Arnage), en côté de l’aérodrome. Un site qui, en 1936, hébergeait la Société des moteurs Gnome et Rhône [2] d’Arnage (SMGR, fabricant de moteurs d’avions qui deviendra plus tard SNECMA, intégré ensuite au groupe SAFRAN), et même une cartoucherie. En 1948, Jeumont investi les lieux partagés plus tard avec Glaenzer. Ce sont aujourd’hui Flowserve et GKN qui occupent ces 1,8 ha. L’entreprise états-unienne succède au savoir-faire de Jeumont, spécialisé dans les moteurs électriques et les pompes hydrauliques. Aujourd’hui, Flowserve (250 salariés) est spécialisée dans la conception et la fabrication de pompes à gros débit à destination des industries fossiles : pétrolière, gazières, chimiques – bien sûr, nucléaire – et d’acteurs de la construction navale civile (Les Chantiers de l’Atlantique, par exemple), mais aussi de défense : frégates, sous-marins classiques et nucléaires et leurs charges apocalyptiques, porte-avions nucléaires opérés par Naval Group (Charles-de-Gaulle et probablement le futur France-Libre, objet de notre précédent article sur la manifestation du 8 mai à Saint-Nazaire, supra), et des infrastructures de quais de bases navales : Cherbourg, Brest, Lorient, Toulon pour ne s’en tenir qu’a notre territoire, mais aussi à l’étranger. C’est aussi la maintenance et la réparation de ces équipements.

En 2023 le groupe états-unien Flowserve avait tenté de racheter l’entreprise lyonnaise Segault (une transaction bloquée par les ministres des Armées et de l’Économie d’alors, S. Lecornu et B. Lemaire). Une PME dont le siège est aujourd’hui dans l’Essonne, et ses ateliers toujours dans le 7e arrondissement de Lyon). Française à l’origine, la big « robinetterie » était passée sous pavillon du groupe canadien Velan en 1989. Elle équipe « un quart des [bâtiments] des centrales nucléaires en service dans le monde » et les chaufferies des sous-marins nucléaires français et du porte-avions Charles-de-Gaulle (et probablement du futur France-Libre) transportant également des vecteurs équipés d’ogives nucléaires. Elle a été rachetée en avril 2025 par Framatome et TechnicAtome. Ses principaux partenaires sont ici : ▶ (en bas). Éloquent non !

Ces deux dernière années, l’équipementier affiche une croissance à deux chiffres ! Plus de 10 % ! Son directeur affiche un vrai optimisme de croissance pour la décennie à venir.  Pour d’autres, ces pompes peuvent aussi être funèbres !

Alsetex

Elles ne sont que quelques-unes en France à se disputer le marché de l’armement et de l’équipement des « forces de maintien de l’ordre » (police et gendarmerie), quand elles ne sont pas filiales d’un même groupe. Parmi elles, une discrète entreprise sarthoise sise à Précigné (à côté de Sablé-sur-Sarthe) : Alsetex, plus connue hier et dans le sud-ouest du département sous le nom de Malpaire. Aujourd’hui : Société d’armement et d’études, SAE Alsetex. Rien d’un nom propre, sa dénomination « sociale » relève d’un acronyme : ALS, pour ALSacienne, d’ÉTudes et d’EXplosifs, qui trahit son origine (Richwiller en Alsace) avant que d’investir « le mauvais lieu » : Malpaire, à Précigné. 300 ha lovés au coeur de la forêt éponyme (classée ZNIEFF [!] début fév. 2020). Un établissement secondaire colonise également le bois des Essarts sur la commune de La Chapelle-d’Aligné. Après s’être dispersée, elle s’est recentrée sur la production d’armements et de munitions « à létalité réduite », censée réguler les  conflits sociaux tout en se diversifiant en pyrotechnie (déclenchement d’avalanche, signalisation ferroviaire (et formation), modification météo… [elle aurait apparemment abandonné les feux d’artifices]). Mais le coeur de métier, – LE MARCHÉ – de cette poudrière classée SEVESO seuil haut, reste le « maintien de l’ordre, » [3] bras séculier des pouvoirs en place : lanceurs LBD, grenades lacrymogènes, offensives, de désencerclement, assourdissantes… En avoir un aperçu, c’est là (menu grenades) : ▶. Chiffre d’affaires : 37 M€ en 2024. On retrouve, hélas, toute cette excellente quincaillerie sur les champs de conflits sociaux-écolos, passés comme présents : Bure (Cigéo), Sainte-Soline (mégabassines), l’A69 (autoroute Toulouse-Castres), Paris (Gilets jaunes), NDDL (aéroport), Sivens (barrage)… et Malville (SuperPhénix) et des bien moindres, avec ses lots de traumatisés, d’éborgnés, d’amputés, de lésionés pulmonaires, de morts… Nous avons consacré plusieurs posts sur la ténébreuse activité d’Alsetex, notamment, ici : ▶et là : ▶ et encore là : ▶ mais, en saisissant Alsetex sur le champ – Rechercher sur le site – de notre page d’accueil, vous en retrouverez quelques autres… Les méthodes françaises de « maintien de l’ordre » et l’arsenal meurtrier développé en adéquation sont fortement controversées à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Hexagone. On ne vous dit rien de leurs condamnations par tous les organismes préoccupés de « Droits humains. »  Ce sont moins les fonctions et les matériels qui sont en cause que ceux qui les commanditent et les légitiment pour défendre leur injuste monde.

Le SCRTA (infra)

Passée la moitié des années 90, un vent de délocalisation des administrations civiles et militaires souffle sur l’Hexagone. Celle du Service de transmission et de télécommunication de la gendarmerie de Rosny-sous-Bois est actée, point d’échouage : Le Mans, derrière feue la caserne Chanzy, devenue parc Monod qu’il faut traverser pour localiser cet espace hautement sécurisé, enchâssé entre la rue Théodore-Monod et la voie ferrée (soit 6,7 ha : 1,6 ha pour les services techniques et 5,1 ha pour les logements des gendarmes). Installé là depuis 2001, sa dénomination et ses fonctions ont été commuées en Service central des réseaux et technologies avancées de la gendarmerie (SCRTA), spécialisé dans « la maintenance en condition opérationnelle des matériels des systèmes d’information et de communication de la gendarmerie et de la police nationale » (et même pompiers [SDIS], sécurité civile). Au moins deux articles documentent sa double activité de maintenance numérique et de logistique. Sans trop en dire, ils nous renseignent un peu plus sur ce « Service », c’est ici : ▶  et là : ▶.

Classes défense (CD) et Classes de défense et de sécurité globale (CDSG)

Créé en 2005, ces dispositifs semble faire subitement florès. En tout cas, on parle plus d’elles que du blocage du lycée Bellevue du Mans par les étudiants contre « la militarisation de la jeunesse » du jeudi 5 mars 2026. Début 2026, le département comptait 8 CD (475 en France début 2025) et 2 CDSG [4]. Mais d’autres dispositifs de conditionnement existent tout au long du cursus éducatif : stand des armées dans les établissements,   modification des programmes d’Enseignement moral et civique (EMC), label « classes engagées », ou encore « bonus armée » à l’université… Établissement 100 % militaire, le prytanée se singularise en employant des professeurs civils détachés de l’Éducation nationale.

Déjà partenaire – Classe défense – depuis plusieurs années, en février 2026, le lycée polyvalent d’Estournelles- de-Constant [5] de La Flèche a aussi signé une convention avec l’équipage du sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Téméraire. Le très médiatique capitaine de vaisseau, commandant de l’un des quatre SNLE de la force de dissuasion océanique, le peu discret Pierre Xxxxx (un Sarthois formé au prytanée) avait fait le déplacement avec pas moins d’une quinzaine de membres d’équipage. En fait « d’engins, » ledit submersible est équipé de 16 missiles balistiques M45 à têtes multiples, totalisant 48 ogives… En comparaison, les bombes d’Hiroshima et Nagasaki font office de « bombinettes » (désolé pour les centaines de milliers de victimes) ! Les concepts : de dissuasion, d’intérêts vitaux, d’armes de non-emploi, de frappe d’ultime avertissement, liés à ces armes sont actuellement sérieusement remis en question, bousculés, revisités, réactualisés, décrédibilisés… et/ou, perçus comme obsolètes et ne respectent pas le Traité d’interdiction des armes nucléaires en vigueur depuis le 22 janvier 2021. Pas plus que le traité bien antérieur (de mars 1970) sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Deux traités que les EDAN (États officiellement dotés de l’arme nucléaire : France, Royaume-Uni, États-Unis, Russie, Chine), plus l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord bafouent impudemment. Sans compter les pays qui accueillent des armes nucléaires états-uniennes sur leur sol sans les posséder eux-mêmes ni le droit d’en disposer : dans le cadre de l’OTAN : Belgique, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Turquie et Biélorussie, qui, elle, accueille des armes russes. En ce mois de mai, les élèves de ce lycée, qui a également établi un partenariat de proximité avec le 2e RIMa d’Auvours, à Champagné, seront probablement invités à visiter la très interdite base de l’Île-Longue et l’intérieur du Téméraire lui-même. Bien que ces visites soient proposées sur la base du volontariat, il convient de s’interroger sur le respect de l’équilibre de l’information, de la possibilité du débat contradictoire et de l’indépendance de jugement dans ces établissements dont la direction est seule responsable du choix de ces partenariats. Bien que l’autorité militaire récuse toute intention de « prérecrutement pour les armées », ou de « militariser l’enseignement », le 25 mars à Sainte-Jamme-sur-Sarthe, l’instruction était tout de même dispensée par le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa [marine] du Mans) qui, insidieusement, sème ses petites graines dans les jeunes et malléables têtes d’adolescent·e·s.

Surprise ! À la rentrée de septembre 2026 (O.-F. du 3/9/26), le cercle des classes défense s’est élargi (bien que ce collège était déjà répertorié comme en ayant déjà une) au collège Simone-Weil de Sablé-sur-Sarthe : là encore, sans velléité de prosélytisme, selon son principal : juré craché ! En lien avec le ministère des armées, cette classe flèche l’éducation civique et sera tout de même parrainée elle aussi par le SNLE Le Téméraire, supra, que les élèves devraient visiter, tout comme le commandement de la Marine de Nantes, la gendarmerie de Sablé, etc.

La remilitarisation vise d’abord les esprits. En priorité, ceux des jeunes, via l’Éducation nationale. Depuis quelques années, notre sulfureux président multiplie les déclarations en faveur d’un rapprochement entre l’éducation et la défense nationale, ainsi que du réarmement de la France et de l’Europe (avec des armes made in France de préférence). Parallèlement, le ministère de l’Éducation nationale a publié un guide destiné aux établissements scolaires, collèges et lycées, dont le titre dit TOUT de l’intention : « Acculturer les jeunes à la défense » [6] ! Le 11 mars 2025, à Nantes, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé que « le réarmement des esprits commence à l’école ». En termes moins diplomatiques, en novembre 2025, le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, lui, exhortait la nation à « accepter de perdre ses enfants » face à la menace de la Fédération de Russie « de tenter sa chance plus loin ». Et on ne vous dit rien du projet de loi Blanchet, débattue au Sénat le 2 juin (on aura sûrement l’occasion d’en reparler) et de la reconduction du Passeport du civisme (630 collectivités partenaires au moins : Mamers, Yvré-l’Évêque… en Sarthe) qui, à l’usage, s’avère, disons : « orienté » et entaché d’un don provenant du Fonds du bien commun créé par « le milliardaire catholique et conservateur Pierre-Édouard Stérin, promoteur du projet politique Périclès destiné à porté la droite libérale et l’extrême droite au pouvoir » (Ouest-France du 25/5/2026, source : Le Canard enchainé).

Formation ECND  

Depuis 2023, Le Mans Université dispense une formation spécifique en « Évaluation et contrôle non destructifs » (ECND), aussi dite END, pour Examens non destructifs. En 2026, l’État l’a intégrée au Programme France 2030 (avec un financement), fléchant tout particulièrement les besoins et l’avenir de la filière nucléaire civile… Nul n’est dupe, ce qui est profitable à l’une profitera inévitablement à l’autre, son pendant militaire. Sans compter qu’il soutiendra économiquement une université qui en a bien besoin. Notre article est là : ▶. Franc du collier quand ça l’arrange, Macron, lui, reconnaît que le nucléaire civil et militaire ont depuis toujours parti lié. Une concession loin d’être dénuée d’intention. Dans une autre prise de parole, il annoncera la « réquisition » de la centrale de Civaux pour y « consolider » notre programme national Tritium (un isotope indispensable mais à période courte et qui doit fréquemment être remplacé) pour s’assurer « de notre capacité à poursuivre la production d’armes nucléaires en totale indépendance et autosuffisance » en plus de sa production d’électricité. CQFD !

Le réarmement « planche de salut » des entreprises

Dans un contexte mondial tendu, conflictuel, le malheur des uns peut-il faire le bonheur des autres ? Un représentant du personnel de l’entreprise Hutchinson, de Sougé-le-Ganelon (filiale du groupe Total), fournisseur de produits industriels à base de caoutchouc pour l’automobile – chroniquement en difficulté – a exprimé récemment son souhait, dans le quotidien Ouest-France, que la direction générale se tourne davantage vers l’aéronautique et la défense pour sauver l’activité. La Fonderie de Bretagne, à Caudan (lâchée par Renault, reprise par le groupe Europlasma), désormais condamnée – pour son salut – à la fabrication d’obus, fait des émules bien que son repreneur soit visiblement aux abonnés absents. Dans ces cas de plans – euphémiques – de sauvegarde de l’emploi, les enjeux sociaux sont évidemment variés et complexes. On peut évidemment comprendre les préoccupations propres au syndicalisme et aux salariés qu’ils représentent sans pour autant toutes les valider.

La militarisation du Monde est subitement appelée à devenir un marché encore plus prospère qu’il ne l’est déjà. Notre pays est récemment  devenu le deuxième [!] plus grand exportateur d’armes au monde après les États-Unis, voire, une planche de salut pour des entreprises en difficulté ou en recherche de maximisation des profits. Ça doit, tous et toutes, nous interroger !


Notes

[1] Anciennement Renault Trucks Défense : passe aux mains d’Arquus, appartenant au groupe Volvo, qui, après l’acquisition d’ACMAT, de Panhard Défense et d’Auverland, passe dans le giron du groupe belge John Cockerill, chapeauté par l’homme d’affaires français Bernard Serin.

[2] Créée, fusionnée, au début du XXe siècle, elle est déménagée de Gennevilliers à Arnage en 1935. Digression historique : le résistant Missak Manouchian (de L’affiche rouge), fusillé par les nazis (panthéonisé avec sa femme Mélinée le 20 février 2024)  y a été assigné en tant qu’étranger après la défaite française, de juin 1940 au printemps 1941.

[3] Bizarrement, sur son nouveau site internet, la société ne communique plus – du tout – sur cette activité ! 

[4]  Classes défense : la troisième du collège Pierre-Belon (public) de Cérans-Foulletourte ; lycée polyvalent d’Estournelles-de-Constant (public) de La Flèche (aussi, évidemment, le prytanée) ; collège Jean-Rostand (public) de Ste-Jamme-sur-Sarthe ; collège Roger-Vercel (public) du Mans ; MFR CFA La Gautellerie (privé) de Thorigné-sur-Dué ; collège Saint-Joseph-La-Salle (privé) de Pruillé-le-Chétif ; collège Simone-Weil (public) de Sablé-sur-Sarthe ; Collège les Quatre-Vents (public) du Lude. Classes de défense et de sécurité globale : lycée polyvalent de Perseigne (public) de Mamers, et lycée polyvalent Robert-Garnier (public) de La Ferté-Bernard.

D’autres dispositifs de conditionnement existent : stand des armées dans les établissements, modification des programmes d’EMC, label « classes engagées » ou encore « bonus armée » à l’université…

[5] L’intéressé, natif de La Flèche, prix Nobel de la paix 1909, doit s’en retourner dans sa tombe.

[6] Rien de privatif, le verbe transitif signifie adapter ou faire adopter à un individu ou à un groupe une nouvelle culture !

[7] https://www.sdn72.org/2014/02/23/theodore-monod-le-parc-et-lhomme-engage-qui-marche-2002-le-mans-parc-theodore-monod/

[8] https://www.lebidul.com/

[9] https://www.sdn72.org/2021/06/26/centrale·s-photovoltaique·s-de-vaas-2/


Dessins de presse : La faucheuse… de Chapu ; Le retour de la fleur au fusil ! de Plop & KanKr, publié avec l’aimable autorisation de J & S, on les en remercie (leur site, c’est ici : ▶) ; Le retour de l’uniforme… de Charmag ; Sortons du nucléaire civil et militaire, du regretté Lidwine. Logo trisecteur kaki : SdN 72 (J-L B).