Les Photographiques 2026 : « Ce que la terre fait à l’image »


Du samedi 7 mars > 5 avril 2026 – Le Mans, Sarthe…

Du samedi 7 mars au 5 avril 2026 c’est le rendez vous annuel de la photographie contemporaine sur Le Mans et sa couronne. Cet événement dit — Les Photographiques — est proposé par l’association : Festival de l’image. C’en est la 38e édition [1] ! Tout est évidemment à voir, gouter et distiller selon vos attirances, le programme est là : !

Geranium Chinum, Zone d’exclusion, Chernobyl, Herbarium, Niveau de radiation: 1.7 µSv/h

Notre sensibilité antinucléaire a bien évidemment, retenu le singulier travail de l’invitée du festival — Anaïs Tondeur — pour sa sélection de clichés puisés dans deux de ses séries titrée « Ce que la terre fait à l’image — Chapître 1, La Plante », présentée à la collégiale Saint-Pierre-La-Cour. La première série Tchernobyl Herbarium porte sur la flore rudérale irradiée sur le site d’exclusion de Tchernobyl exposée (rayogrammée) sur papier photosensible. La seconde « Fleurs de feu » témoigne des ravages anthropiques sur la flore en « Terre des feux » (ici, en Campanie, région d’Italie entre Naples et le Vésuve) provoqués par les nombreuses décharges « contrôlées » par l’écomafia.

Loin de l’urbex touropératorisé de Pripyat [2], Anaïs Tondeur travail avec le concours de bio-généticiens, d’un laboratoire scientifique, d’un philosophe… On vous laisse découvrir ses modes opératoires à la fois rudimentaires et sophistiqués présentés dans le programme du festival et dans l’interview parue dans le quotidien régional Ouest-France du 4 mars (infra).

Cette manifestation regorge de bien d’autres richesses créatives que nous vous invitons évidemment à découvrir tout au long de ce Festival de l’image.

Les site d’Anaïs Tondeur, c’est ici : ▶‌.

Ce qu’en dit le site du festival Les Photographiques, c’est ci-dessous ou encore là : .

 

Anaïs Tondeur (invitée)  » CE QUE LA TERRE FAIT À L’IMAGE  »

À LA COLLÉGIALE SAINT-PIERRE-LA-COUR / LE MANS  

Chapitre 1 _ La Plante

Tchernobyl herbarium 2011 – en cours
Zone d’exclusion, Tchernobyl, Ukraine – Niveau de radiation: 1.7 µSv/h

La pratique artistique de la photographe et artiste Anaïs Tondeur se développe à partir d’un point de bascule : celui où la photographie, appelée à documenter la crise écologique, se révèle en constituer une archive matérielle. Dans l’urgence des bouleversements sociétaux, climatiques et environnementaux, chaque image qu’elle compose interroge ainsi la condition même du photographique : que devient l’image lorsque le monde qu’elle enregistre se transforme en profondeur ?
Cette démarche engage en premier lieu un déplacement de la photographie, d’un régime essentiellement représentatif vers une pratique opératoire. Ainsi, chaque geste photographique devient une expérience sensible tournées vers des entités  invisibilisées ou négligées qui habitent et animent les milieux de vie. Plantes rudérales, molécules et radiations diffuses deviennent les protagonistes mêmes de l’image. Le végétal et les marques laissées sur leur corps par l’activité anthropique agissent, affleurant dans l’image comme des présences latentes. Le tirage devient une surface d’inscription où ces êtres trouvent à se manifester, à laisser trace, à prendre voix.

Son travail s’élabore ainsi dans une co-présence avec les milieux de vie. La photographie y devient un médium d’engagement, un geste d’adresse : un travail du regard qui se transforme en une pratique de l’égard, au sens que Jean-Christophe Bailly donne à ce terme soit une attention où regarder, garder et sauvegarder se nouent en une même disposition envers le monde.

Cette orientation instaure une éthique fondée sur l’attention et le soin. La photographie s’affirme comme un dispositif d’exposition des transformations du réel, relevant d’une écologie performative.

Elle ouvre une manière d’habiter la métamorphose, une zone de co-création où matières et êtres se manifestent comme forces agissantes. Ainsi s’esquisse un travail de l’image photographique avec et depuis les milieux de vie eux-mêmes : une manière de percevoir, à chaque geste, ce que la Terre, par l’intermédiaire de la plante, fait à l’image.

Tournée vers les matérialités invisibles de l’air et du climat, ANAÏS TONDEUR saisit les images aux interstices de nos corps et des environnements, dans une étroite collaboration avec les milieux de vie, accompagnée de chercheurs en sciences sociales et sciences de la terre.
Composant une forme de laboratoire des attentions et des perceptions, elle participe à l’émergence d’une écologie joyeuse invitant à relier nos existences humaines à la trame du vivant et aux grands cycles de la Terre. Elle développe ainsi de nouvelles alliances sensibles et de matérialités photographiques permettant de penser nos relations à la Terre pour mieux les panser.

Diplômée de (…) Art Museum (Seoul). C’est là : .

 


Notes

[1] Et, des subventions annulées pourrait bien en compromettre la pérennité !

[2] Nous avons évoqué cette approche, ici : et là : .


Document : interview d’Anaïs Tondeur, presse régionale Ouest-France du mercredi 4 mars 2026. Visuel : Les Photographiques (association : Festival de l’image). Clichés : Anaïs Tondeur.