Samedi 3 juin 2023 — Cent milles à Bure


Le 3 juin soyons 100 000 luttes, 100 000 à Bure contre le nucléaire et son monde !

Sortir du Nucléaire 72 est signataire de ce texte de contextualisation à l’appel à cette mobilisation ambitieuse ; réservez dès maintenant ce jour. Merci à toustes  !

Nous – habitant.e.s de la Meuse et de la Haute-Marne et d’ailleurs en France, en Europe et dans le monde, en lutte contre l’ANDRA (Agence Nationale de gestion des Déchets RadioActifs), appelons à un immense rassemblement européen à Bure le 3 juin 2023 contre le nucléaire et son monde qui cherche aujourd’hui à se relancer malgré les crises écologiques, économiques et géopolitiques en cours.

En France comme ailleurs, le mouvement écologiste est né des luttes antinucléaires, d’abord contre l’horreur de la bombe atomique, puis contre le mythe du nucléaire civil, construit sur le mensonge d’une énergie pacifique éternelle et propre. Le nucléaire est une industrie mortifère, qui permet aux quelques pays riches de maintenir leur impérialisme technologique et scientifique à l’échelle planétaire d’une part ; et leur population sous contrôle, dans la dépendance à l’ébriété énergétique de la société de consommation, d’autre part.

C’est contre ce modèle de société autoritaire, qui colonise l’avenir de l’humanité en nous enfermant dans le modèle de société destructeur du vivant, capitaliste et patriarcal, qu’il soit de l’Est ou de l’Ouest, d’État ou de marché, que le mouvement écologiste s’est construit depuis des décennies.

N’en déplaise aux émissaires propagandistes envoyés par l’État français pour vendre des centrales nucléaires propres, comme il vend des armes pour faire la paix au Moyen-Orient, le nucléaire a toujours été une tentative des puissants de perpétuer l’extractivisme mondialisé.
L’atome devait prendre le relais des ressources fossiles limitées et les populations rurales, paysannes et autochtones, qu’elles soient polynésiennes, algériennes, bretonnes ou alsaciennes, l’avaient bien compris.

Ce sont ces populations, soutenues par les jeunesses urbanisées d’après-guerre dans leur guerre d’indépendance et leur retour à la terre, qui ont fait naître le mouvement écologiste et décolonial en s’opposant ensemble au nucléaire comme à l’agro-industrie, aux grandes infrastructures industrielles et militaires, aux accaparements des ressources minérales, terrestres, maritimes et fluviales ainsi qu’à la destruction de l’ensemble du cycle du vivant par les pollutions induites en conséquence.

C’est ce monde, que le nucléaire cherche à ériger en système pour l’éternité, que nous continuons de combattre en cultivant la terre à Bure, contre le plus grand projet industriel européen à l’heure actuelle : la poubelle nucléaire CIGEO. Près de 3000 hectares de terres accaparées et une cinquantaine de projets d’aménagement directement connexes ainsi que de multiples installations nucléaires supplémentaires dans la région pour un projet monstrueux qui vient d’être déclaré « d’utilité publique » en 2022, contre l’avis des communes de Bure et de Mandres-en-Barrois, ainsi que quelques autres, premières concernées par le projet.

C’est là, dans notre région déjà profondément meurtrie par les guerres, que depuis 25 ans l’État français cherche à enfouir les déchets nucléaires pour 100 000 ans.

Et c’est donc là, où dans les années 90, le gouvernement avait défié les habitant.e.s et les élu.e.s de notre région désertifiée, de mettre 10 000 personnes dans la rue, que nous vous voulons faire une démonstration de force contre le nucléaire et son monde en confluant par milliers à pied, à vélo, sur les mains ou des échasses ; par les routes, les chemins, les forêts et le long des rivières, vers un point de rassemblement symbolique à Bure le 3 juin prochain.

17  février 2023 — Bure (Meuse et contiguë à la Haute-Marne)